Art-thérapie

« Tronche de pâté » ou « Face à la mort » Production/Oeuvre numéro 2, première année de formation en art-thérapie voici un texte que j’écris en repensant à mon ressenti pendant les différentes étapes du moulage de mon visage en plâtre, une activité proposée par Muriel, notre professeur d’art-plastique. Merci Muriel pour cette aventure. Je te dédie ce texte.
Vaseline. Visage gras. Bandelettes de plâtre, froides et mouillées. Couches successives. Masque. Aveugle, muette le temps que le masque durcisse. La face dans le plâtre. Seules les narines et les oreilles sont à l’air libre. Démoulage de mon visage. Masque vide. Vaseline. Masque en plâtre rempli de plâtre. Démoulage et hop, magie, c’est comme un pâté de sable mais à la place du coquillage, du poisson, de l’étoile de mer. C’est ton visage. C’est toi la star. C’est toi le pâté. Tronche de pâté de sable. Tronche de morte. Je vois papa. Son nez. Je vois maman, grand-maman la bouche. C’est moi. Je flotte au-dessus de moi. « Tronche de pâté de plâtre » me laisse perplexe pendant plusieurs mois. Elle reste blanche. Je finis par la maquiller en bleu nuit, l’entoure d’un ciel bleu ciel et nuages blancs. Je l’adopte, je l’embrasse et je lui colle des pensées vivantes et fraîches sur son visage de marbre-plâtre. Je m’en éloigne…J’y reviendrai au printemps pour maquiller sur ma tronche un marronnier rose, ses racines et ses branches couleur peau. Des vaisseaux sanguins. Sur mes yeux, de la mousse verte. C’est le printemps. Une renaissance.

Je dédie ce travail « morts et naissances » à mes morts et à mes vivants ! A ma mère, à mon père et à ma grand-mère maternelle. Trois artistes. C’est à eux que je ressemble, c’est d’eux que je suis née artiste. A mes fils, je leur souhaite de trouver leurs voies. A mon compagnon qui m’aide à trouver ce que j’ai à faire sur la terre. J’ai ce besoin urgent d’exprimer toutes mes vies intérieures par le biais de…tout ce qui me passe dans les mains, dans la gorge, dans la tête, dans le coeur !
Ce n’est que le début ! A 40 ans, j’ai quelques années a rattraper…

Pile et Face : le contour de mon corps sur des nappes en papier – peintures écolines et gouache et puis pastel gras. Pour le côté pile, carnaval : tampon, autocollants, plumes, pompons, plumes, clochettes et autres récup bricolage retrouvées dans mes vieux trésors
Super gai à faire !

« Les Dents de la Mère » : un matin béni je baillais devant mon fils Clement quand il m’a dit :  » Maman, c’est beau ! Tes dents sont assorties à tes yeux ! » Il avait deux ans et demi, il en a 14 et ce garçon est resté un vrai baume au coeur pour tous ceux qui ont la chance de le connaitre. Dont moi ! Alleluia ! Such a good and sweet boy !
Au fil des grossesses et des allaitements… et des morceaux de chocolat, mes dents, déjà plombées depuis belle lurette en ont pris un coup ! Cette phrase magique « Maman tes dents sont assorties à tes yeux…Tu es jolie » m’a donc accompagnée au fil des dévitalisations et autres réjouissances et déconfitures…Dernièrement je suis allée chez le dentiste qui m’a soigné 4 dents qui tombaient « en morceaux » et le chantier n’est pas fini  Alors j’ai voulu me mettre à sa place, en espérant que ce ne soit pas si terrible d’être mon dentiste et …ça va. Je dédie donc ce petit film à mon dentiste qui est un artiste et…à mon psy qui m’aide à m’aimer comme je suis et aussi à mes 3 fils fantastiques qui m’aiment comme je suis et me trouvent jolie quoi qu’il arrive. Je dédie « Les Dents de la Mère » à mon amoureux courageux qui m’aime sous toutes mes coutures y compris les plus darks. Je peux désormais chanter sans complexe « J’aime, j’aime mes plombages » !